Gilbert Cardon : Le jardin des fraternités ouvrières

Le jardin des fraternités ouvrières à Mouscron est un jardin extraordinaire. Une véritable jungle urbaine de plus de 2000 arbres fruitiers et 3000 plantes alimentaire et médicinales, en pleine ville, sur un espace de 1800m2.

Les jardiniers : Josine et Gilbert Cardon

Groupe jardinage des Fraternités ouvrières

58, rue Charles-Quint, 7700 Namur. Tél. 056-33.38.70.

Permanences et visites du jardin : Jeudi de 14h00 à 18h00

Cours pour « jardin bio » : Légumes et fruits : 1er et 2e dimanche de chaque mois, de 10H00 à 12h00. Fleurs : 3e vendredi à 18h00

Les origines du jardin :

C’est dans les années soixante-dix que Gilbert et Josine Cardon sont victimes comme des milliers de foyers de la crise de l’emploi industriel qui sévit dans la région nord-ouest de la Belgique.

Se retrouvant sans emploi, le couple ouvrier âgé de la quarantaine occupe alors ses journées au jardin qu’il cultive sur le terrain familial situé à Mouscron, ville frontalière avec Tourcoing-Roubaix. L’occupation devient très vite une véritable passion et ils créent quelques années plus tard le groupe de jardinage des Fraternités Ouvrières, dont les activités sont hébergées à leur domicile de Mouscron.

Au sein de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), puis dans des associations en Amérique Latine, ils ont participé, soutenu la réalisation et le fonctionnement de plusieurs projets en Bolivie puis au Venezuela.

Les Fraternités ouvrières, un mouvement d’éducation (populaire) permanente, existent depuis 1969 à Mouscron. Leur objectif principal est d’intensifier la vie associative et la solidarité. A cette fin, le mouvement mène différents types d’actions allant de l’organisation de conférences-débats à la création d’un groupe de consommateurs et à la mise sur pied de campagnes de sensibilisation inspirées par des thèmes liés à l’actualité.

Une autre préoccupation qui se manifeste au sein des Fraternités depuis longtemps concerne la défense de l’environnement naturel. En 1978, à la demande de membres, un groupe jardinage s’est constitué avec, comme projet, l’étude et la pratique des méthodes biologiques. Un des animateurs en était (et est toujours) Gilbert Cardon, un pionnier, puisque depuis plusieurs années déjà, ce mécanicien cultivait son ouche de la rue Charles-Quint sans recourir à aucun des «poisons» inventés par les chimistes.

Au fil des ans, ce groupe est devenu, de loin, le plus actif des Fraternités ouvrières mouscronnoises. D’une quinzaine au début, le nombre de ses membres s’élève actuellement à plus de six cents

Philosophie :

Le jardin s’intègre dans une approche globale et sociale d’éducation permanente. Dans le cadre des Fraternités Ouvrières toute une série d’activités sont proposées : allant du groupe d’achat de produits alimentaires de l’agriculture biologique aux ateliers comme des cours de cuisine ou l’école du pain au levain, en passant par des cycles de conférences ou des groupes de réflexion sur l’une ou l’autre question de notre société. La participation est gratuite grâce au travail des bénévoles, il suffit d’adhérer à l’association (cotisation 1,5 €).

Josine Cardon : « Au départ, beaucoup de femmes sont venues, elles cherchaient à ne pas se casser le dos à bêcher. Toute la richesse du sol est dans les premières couches, on ne les dérange pas. Les insectes travaillent pour nous. Il y a une flore intestinale dans la terre, avec le développement de la chimie inerte, on a considéré le sol comme un simple support pour les cultures, on l’a détruit. »

Le site :

Surface de 1850 m2 enclavés dans un paté de maisons de la commune de Mouscron, dans une région industrielle sinistée de Belgique proche de Roubaix.

Partie intégrante du site, une première bibliothèque dispose d’une grande quantité d’ouvrage à la disposition des visiteurs. Des centaines de livres qui parlent de plantes, de cuisine, de santé, d’écologie, de jardinage naturel, d’agriculture écologique.

Dans une seconde bibliothèque, sur les étagères qui couvrent les quatre murs du sol au plafond, se trouvent des cartons par centaines. Ils sont remplis d’un nombre considérable de petits sachets confectionnés sur place, très soigneusement rangés et numérotés. Ces sachets contiennent les semences de plus de 6500 variétés différentes de légumes, de céréales, de fleurs, de plantes aromatiques, de plantes médicinales, d’arbres, d’engrais verts… On y trouve des variétés peu connues de plantes rustiques, de plantes anciennes, de plantes parfois oubliées et pourtant pleines de vertus pour l’alimentation de l’homme, pour sa santé, celle du sol et de la Nature, une multitude de variétés régionales, résistantes, adaptées, exclues du marché. De nombreuses graines sont issues du jardin ou de ceux des passionnés de l’association. Les autres proviennent de différents groupes de sauvegarde de semences à travers l’Europe et le Monde.

Ce lieu est le conservatoire d’un riche patrimoine de plantes comestibles et utiles pouvant être cultivées sous nos latitudes. Dans ces petits sachets, se trouve une partie de l’héritage précieux du savoir jardinier et paysan de nos pays et de nombreux autres. Ces milliers de graines sont un véritable trésor de biodiversité agricole, un inestimable trésor de Vie.

Le jardin proprement dit est structuré en labyrinthe formé de rangées d’arbres fruitiers (près de 400 sur cette parcelle), entourant des bandes de cultures saisonnières. Pommiers, poiriers, pruniers s’alignent mais ne se ressemblent pas, intercalés de buissons à petits fruits : groseilliers, caseillers et autres myrtillers d’Amérique. Les sélections nouvelles s’ajoutent aux variétés anciennes et aux espèces exotiques. Les vignes palissent la clôture et les ronces-mûriers passent d’un étage à l’autre en formant des arches pleines de grappes de fruits.

Le long des sentiers se trouvent des « clairières » bordées d’arbres fruitiers entre lesquels Gilbert et Josine intercalent des petits fruits afin d’obtenir une haie bien étanche pour protéger les cultures. Ces haies se situent sur 3 côtés. « Habituellement, le vent assèche la terre alors qu’ici, grâce aux haies, il ondule au-dessus du jardin. » « Dans les clairières, je bourre le maximum de légumes. Des laitues avec des légumes hauts car elles ont besoin d’ombre, du maïs avec des légumes… Normalement, il faudrait faire des clairières tous les 6-10 mètres, mais j’aime bien quand c’est serré ! »

Le microclimat du jardin peut être comparable à celui d’une forêt.

L’hiver, les grands fruitiers plantés au Nord et le maillage végétal installé protègent le jardin des vents frais et du gel. Le houppier des fruitiers et la masse des arbustes agit à la fois comme un tremplin et une barrière qui empêchent les vents de pénétrer dans le système.

Groseilliers, cassissiers, noires, blancs, casseillers, framboisiers, myrtilles… La multitude d’arbustes à petits fruits renforcent le maillage des arbres plus près du sol.

Le maillage d’arbres et d’arbustes du jardin des Fraternités Ouvrières a créé ici un microclimat particulier, tout à fait différencié du climat régional. Preuve en est que, sous cette latitude peu propice, se développent et produisent une quarantaine de figuiers et grandit même un tout jeune bananier ! … Gilbert précise que dans le jardin, la température est généralement plus élevée de 3 à 5°C par rapport à la température ambiante. L’été au contraire, l’atmosphère du jardin est légèrement plus fraîche, et surtout plus humide. Le sol est protégé, il subit moins l’évaporation et l’action desséchante des vents. Ainsi, même en période de sécheresse, le jardin des Fraternités Ouvrières ne reçoit aucun arrosage.

Techniques culturales.

Le sol n’est jamais bêché ni retourné, éventuellement griffé (à l’aide d’un râteau) en surface et les restes de cultures sont laissés sur place comme couverture. Le jardin est entretenu et cultivé avec quelques outils manuels dont une sorte de râteau « amélioré », fierté de Gilbert : le manche a été raccourci par l’ingénieux jardinier « C’est moins lourd ! » ainsi que les dents pour qu’elles ne s’enfoncent pas trop profondément dans le sol. L’outil passe parfaitement entre les lignes de cultures spécialement plantées à la bonne distance. Il permet au jardinier de nettoyer les bandes des herbes indésirables d’un geste simple et rapide. Quelques minutes suffisent pour chaque bande. Lors du désherbage, les herbes sont laissées sur place et enrichissent la terre.

Les feuilles des arbres mulchent la terre tout naturellement.

Aucun pesticide, herbicide ni engrais chimiques.

Le sol contient une extraordinaire quantité de vers de terre : 3kg/m² et 12% d’humus, alors qu’en moyenne on a 1 à 2%, avec un maximum de 4 à 5% dans les terres agricoles et maraîchères en général.

Gilbert Cardon : « On associe les plantes qui vont bien ensemble, on cultive le poireau ou l’ail des ours vivaces qui repoussent régulièrement, on utilise les plantes invasives pour le compost. L’humus retient l’eau. »

Les poules participent également à l’enrichissement du sol : Gilbert Cardon a élaboré ici un bel exemple de recyclage : les vieux journaux et cartons sont entassés le long du mur à proximité du poulailler, sous les eaux de ruissellement du toit qui vont imprégner la matière, les vers de compost vont alors transformer ces papiers. Ce compost sera donné aux poules comme ration de protéines animales, complété d’autres déchets ménagers qui seront transformés en engrais pour le jardin.

Le compost.

Eviter l’utilisation du compost directement dans le sol, car il faut nourrir les micro-organismes présents dans la terre toute l’année. Donc mettre directement les déchets bruts, non compostés, sur le sol, pour que ça profite à tous les organismes, ne pas enterrer. Réserver l’utilisation du compost pour faire les semis (avec terre et tourbe).

La lutte biologique :

Utilisation de nombreux petits pots suspendus à l’envers et garnis de paille, de foin ou encore de chiffon en coton. Ces abris permettent aux perce-oreilles de pouvoir nicher près des fruitiers et de disposer d’une excellente réserve de nourriture composée d’œufs et de larves d’insectes qui se révèlent nuisibles pour le potager. D’autres abris à insectes et abeilles solitaires sont disposés le long des chemins et permettent la pollinisation.

Josine Cardon : « Il est très intéressant d’avoir des cloportes au jardin. Ces bestioles se nourrissent de matières mortes. Si un fruit présente des points de pourriture (dus à l’attaque d’un ver par exemple) le cloporte va manger cette pourriture empêchant son développement. La blessure sera cicatrisée par l’action du cloporte et le fruit ne pourrira pas. Parce qu’on le trouve souvent sur les fruits abîmés, le cloporte est considéré comme un ravageur et souvent traité en tant que tel. Pourtant, cet étonnant « infirmier des fruits » s’emploie là à une tâche très intéressante pour le jardinier. »

Gilbert Cardon :« Je laisse les araignées dans les serres, elles mangent les aleurodes. De plus, elles savent où se mettre pour les attraper. »

« Au moins les oiseaux peuvent nicher, au plus il y aura des dégâts, et vice versa. En effet, les oisillons sont alimentés par leurs mères à 90 % d’une nourriture protéinée. Si un nid se trouve dans les parages, autant dire que les vers, larves et divers autres insectes ravageurs ne feront pas longue vie. Les fruits sont généralement attaqués par les oiseaux dans leur recherche d’eau. Si le site accueille une mare, le problème est là aussi évité »

« Lorsqu’on fait partie du jardin, les oiseaux n’ont plus peur. Ils viennent tout près de moi. »

Les feuilles de fruitiers malades sont disposées au pied des arbres pour lutter contre les maladies, « c’est le principe du vaccin ». Il en va de même pour les pieds de tomates atteints par le mildiou.

Un mur de pierres récupérées sert d’abris aux orvets et aux insectes.

Gilbert Cardon : « Les mauvaises herbes ? Je les laisse pousser. Elles sont là parce que le sol à un problème, une carence. Je les fauche, elles sèchent sur place. Ensuite, je les écarte pour repiquer les légumes. »

Les mauvaises herbes qui poussent là où elles poussent contiennent ce qui manque le plus à terre à cet endroit-là. Lorsque la terre est saturée, la mauvaise herbe arrête de pousser.

Le seul moyen de se débarrasser des mauvaises herbes, c’est de les laisser pousser, de les couper et de les laisser sur place. Elles disparaîtront lorsque la terre aura les éléments qu’elles apportent (quelques années).

Oiseaux et arbres fruitiers. Laisser tomber quelques fruits, les écraser (favorise une légère fermentation). Les oiseaux préfèrent ces fruits tombés et fermentés plutôt que les fruits sur l’arbre.

Les plantations :

2.050 variétés d’arbres et 5.000 variétés de plantes comestibles sont présentes sur le terrain. Les arbres durent 2 à 3 fois plus longtemps que la normale. Chaque espèce, chaque cultivar de plante est étiqueté, et l’on fait des découvertes surprenantes comme les cornes de cerf, les épinards-fraises ou les chrysanthèmes comestibles. Ici tout se mange, même les fleurs, les bourraches et les capucines bien sûr, mais aussi les guimauves et les roses trémières. Il existe 800 variétés de tomates au sein du jardin.

Les arbres sont plantés très serrés, ils ne prennent bien souvent à peine plus de place qu’un choux (50 – 70 cm). Ils se trouvent ainsi dans une « concurrence favorable » : la concentration évite qu’ils se développent en tronc et en branches.

Deux petites serres accueillent de nombreux bacs de semis étiquetés, dans l’attente d’un repiquage au jardin. Ici, presque toutes les variétés annuelles sont repiquées, y compris les plants de pommes de terre et les carottes. Les plantes commencent ainsi leur développement et dès qu’une place se libère sur les bandes, une variété viendra immédiatement l’occuper.

Le jardin de Gilbert et Josine ne suit ainsi aucun plan de rotation.

Diversité des plantations :

395 pommiers de 312 variétés

242 poiriers de 160 variétés

81 pruniers de 69 variétés

68 cerisiers de 59 variétés

127 plants de vignes de 82 variétés

35 actinidia (kiwi) de 16 variétés

41 figuiers de 35 variétés

50 variétés différentes de framboisiers

70 ronces fruitières de 31 variétés

98 groseilliers rouges de 26 variétés

82 agrumes

La taille d’été des arbres fruitiers.

L’article contient des indications pour divers arbres fruitiers : Kiwi, pêcher, vigne, framboisier, roncier, groseillier, groseillier à maquereau. http://www.ajonc.org/spip.php?article275

Appelée aussi taille de Lorette, la taille d’été est une alternative aux tailles traditionnelles des fruitiers (tailles d’exploitation, taille douce, etc.). Le grand principe : pas de taille avant fin juin et on taille jusqu’à début septembre.

Cette taille concerne les basses tiges seulement. Elle les maintient à une hauteur d’1.5 m pour les poiriers ; à 2-2.5 m pour les pommiers ; à 3-4 m pour les cerisiers et offrant une production depuis le bas de l’arbre.

La technique :

Suppression des bourgeons apicaux (terminaux) et des bourgeons intermédiaires verticaux (des branches intérieures de l’arbre) qui tirent la sève. Celle-ci se reconduit donc vers les rameaux à fruits. Nouvelle suppression possible pour les nouveaux bourgeons terminaux qui auraient trop de vigueur. Possibilité de répartir la taille sur toute la saison.

Laisser les coupes sur place, même les feuilles malades ou attaquées. Enfin, la partie enlevée lors du pincement est mise au pied du fruitier. Gilbert nous dit qu’elle apportera un soin naturel à l’arbre contre l’oïdium et les éventuelles autres maladies contenues, sur le principe de l’homéopathie.

Avantages de cette technique de taille :

Plus de précisions puisqu’on voit les feuilles et les fruits lors de la taille. Préparation des bourgeons de l’année suivante. En affaiblissant l’arbre, puisqu’il s’agit de cela, on favorise la floraison et la fructification.

Lutte contre les cochenilles et les pucerons dont on supprime la sève fluide qui est remplacée par une sève plus épaisse difficile à sucer. Lutte contre les attaques de champignons par cette suppression des terminaisons malades et l’éclaircissement de l’intérieur de l’arbre au bénéfice de l’air et de la lumière ;

Maintien d’un volume raisonnable dans les petits jardins et on peut donc cultiver le potager au pied des arbres. Les légumes pompent le trop plein d’azote et gagnent un peu d’ombre.

Les serres :

Les serres sont des aménagements importants du jardin :

Une « serre californienne » : divisée en deux parties, la serre se compose d’un espace réservé aux semis qui seront conservés à l’abri du gel en hiver ainsi que d’une masse d’eau emprisonnée en contrebas et régulatrice de la température (chaude en hiver et plus fraîche en été) peuplée de poissons rouges. La végétation extérieure vient compléter l’action de l’eau. Les arbustes à feuillage caduque situés au sud de la serre apportent un ombrage bienfaisant l’été, lorsque le soleil est au plus haut. L’hiver, les feuilles tombent et le soleil plus proche de la ligne d’horizon réchauffe les semis en développement.

Dans la serre, grimpent les melons et les cornichons, à leurs pieds, embaument les basilics au parfum de cannelle ou de citron. On y trouve également des oranges, pamplemousses, citrons, kumkat….

Les pièces d’eau :

Avec les serres, les pièces d’eau participent de l’équilibre biologique du milieu. Au fond du jardin, une mare accueille grenouilles et crapauds, grands dévoreurs d’insectes.

Activités autour du jardin :

La vente des semences

Le groupe jardinage publie aussi deux catalogues : le catalogue des semences (près de 2000 variétés de légumes, plantes aromatiques et condimentaires, fleurs et engrais verts) et le catalogue des arbres et arbustes. Une bonne part des graines sont produites sur place, le reste est commandé à différents groupes de sauveurs de semences ou autres marchands de graines de part le monde.. Il est possible de commander ses semences chaque année en automne (les dates varient). Au-delà, la plupart des graines sont encore disponibles sur place (entre 0,50 € et 1 € le sachet). Quant aux arbres et arbustes, provenant de diverses pépinières, il faut passer commande en automne et venir les chercher sur place le jour dit. Il est également possible d’acheter les livrets de Cours de jardinage naturel.

En conclusion :

Le jardin est comme un paysage comestible où la vie foisonne et produit avec une intensité incroyable, de part sa diversité, l’utilisation de l’espace horizontal et vertical et la superposition des étages de culture. Il y a comme une réminiscence des systèmes agroforestiers tropicaux, mais ici nous sommes loin de la jungle et des climats où tout pousse si vite, nous sommes en ville, en région tempérée avec un ensoleillement peu abondant, et pourtant les plantes et les arbres poussent ensemble avec vigueur et santé pour notre grand bonheur.

Ce jardin est l’un des plus beaux exemples urbains de systèmes agroécologiques où les arbres se mêlent aux légumes et aux fleurs, où les animaux remplissent leur rôle et où la vie du sol est respectée et protégée par un mulch. Que cette démarche fasse germer des idées sous d’autres cieux pour le plus grand plaisir des jardiniers !

« Le jardin révèle ce que nous sommes profondément. C’est une œuvre d’art vivante, qui se renouvelle », nous dit Gilbert Cardon, le jardinier-créateur de ce coin de paradis comestible où la luxuriance de la végétation s’allie à la diversité des saveurs.