Opaline Lysiak : L’agriculture syntropique

Ingénieur agronome, Opaline Lysiak enseigne au lycée agro-environnemental d’Arras. Pour donner vie à ses passions, l’agroécologie, la communication, la pédagogie et les voyages, elle s’est lancée dans un projet de Tour du Monde « Enseigner autrement l’Agroécologie » démarré en septembre 2017.

Opaline nous donne dans cet article un bref aperçu de ce qu’est l’agriculture syntropique. Pratiquée depuis plus de 40 ans par Ernst Götsch, c’est une agriculture qui se définit par la création(syntropie) plutôt que par la destruction (entropie).

A lire ici dans Les carnets d’Opaline

Ernst Götsch

Agriculteur, expérimentateur, chercheur, Ernst Götsch conçoit et met en place depuis plus de 40 ans des agrosystèmes productifs à travers le monde, imitant les écosystèmes naturels dans leur dynamique, structure et fonctionnement. Ernst base sa méthode, connue sous le nom d’agriculture syntropique, sur les principes « choisis par la vie elle-même, avec ses 4 milliards années d’existence », et utilise la succession naturelle des espèces comme « force motrice » pour assurer la santé et la vigueur des plantes. De par le monde, la mise en œuvre de ces pratiques a déjà permis de transformer, en quelques années seulement, de nombreuses terres agricoles aux sols fortement dégradés en agroforêts hautement productives, autonomes en fertilité et en eau, riches en biodiversité et économiquement viables.

« Nous habitons aujourd’hui entre deux rives. Celle de la nature transformée par la technique, qui a éradiqué les forêts sauvages pour produire toujours plus et plus vite. En face, comme une image inversée, la rive de la nature « naturelle », que nous nous évertuons à protéger avec un effort proportionnel à celui que nous déployons pour la transformer. » écrit Geneviève Michon dans son ouvrage « Agriculteurs à l’ombre des forêts du monde ». Comment reconstruire alors le pont entre ces deux rives aujourd’hui si éloignées ?

La réconciliation de l’Humain avec la nature, notamment pour produire des calories alimentaires, apparaît comme le fil d’Ariane nécessaire à son intégration dans « l’organisme Terre » et à sa pérennité. L’agroforesterie, combinaisons multiples entre arbres, champs et forêts, et les agriculteurs qui la pratiquent à travers le monde semblent montrer des possibilités infinies afin d’allier production et protection de l’environnement et recréer le lien entre nature sauvage et nature cultivée. A travers des regards transversaux, parfois philosophiques, parfois agronomiques, souvent anthropologiques, les intervenants apporteront leurs points de vue complémentaires, naturellement différent de par leurs diverses expériences et voyages, sur un sujet qui anime de nombreux débats : l’insertion de l’Homme de manière durable dans son écosystème.