Niko Patch : Se libérer du superflu

Permaculture et économie (2)

Je vous ai déjà signalé le remarquable ouvrage d’Emmanuel Delannoy « PermaEconomie » Editions Wildproject.

En 150 pages, l’auteur fait le lien entre l’économie et les concepts et principes de la permaculture, montrant qu’une économie « biomimétique » est non seulement possible mais souhaitable.

Dans la même veine, et complétant opportunément cet essai, Niko Paech, économiste, nous livre dans son ouvrage « Se libérer du superflu » le mode d’emploi pour incarner cette nouvelle économie.

Cet ouvrage de 120 pages, publié dans la collection Initial(e)s DD, renforcera certainement la conviction des partisans de la croissance zéro, voir des décroissants.

Cet essais apporte une analyse passionnante des mécanismes qui nous enferment dans un modèle qui court à sa perte.

Loin d’être désespéré, il nous donne les outils de la réflexion et des pistes fondamentales pour nous sortir de l’impasse.

Une existence libérée du superflu, avec un job de 20 heures par semaine complété de diverses pratiques de subsistance, peut-elle nous rendre heureux, assez heureux pour que nous empruntions cette voie dès maintenant ? On sait que la définition du bonheur est une affaire personnelle, qu’elle se nourrit des attentes subjectives et des sensibilités présentes autour de soi. Cette réserve faite, voici néanmoins quelques raisons de répondre par l’affirmative à cette question :

  • En déposant le fardeau de la mondialisation qui fait de nous ses marionnettes insatiables, nous nous libérons de la peur d’un avenir de plus en plus incertain. Avoir besoin de moins, obtenir le maximum par soi-même et en collaboration avec d’autres est une preuve de vigueur et de souveraineté économique.
  • Le flot d’incitations qui nous arrive par toutes les voies de communication s’atténue dans un monde plus simple et plus transparent. À une superficialité fade nous substituons un plaisir concentré et vrai.
  • La subsistance moderne donne lieu à des réussites et un sentiment d’influence personnelle, notamment à travers la production individuelle, la rénovation d’objets et l’art. Nos propres réalisations, perceptibles comme telles, se distinguent des produits standardisés et éphémères de la division du travail.
  • Acheter moins et s’organiser, échanger, consommer et produire ensemble signifie ré-encastrer l’économique dans le social. Confiance et cohésion sociales gagnent sur l’isolement. En réhabilitant les tâches manuelles et simples, nous intégrons et rendons leur dignité à ceux qui, par manque d’argent, d’éducation ou de capacités de communication, sont tenus à l’écart du système compétitif actuel.
  • Les inégalités extrêmes que nous connaissons aujourd’hui sont une conséquence logique de l’approvisionnement mondialisé, car seuls les revenus mondialisés sont multipliables à l’infini. Si la richesse circulait davantage sans argent et reposait sur la créativité personnelle, de tels fossés de revenus et de patrimoines seraient nivelés. Or, on le sait depuis longtemps, les injustices dans la distribution des richesses gâtent les perspectives de bonheur.

Pour en savoir plus sur ce livre :

https://postcroissance.wordpress.com/2016/11/09/niko-paech-dans-le-texte/