Romain Oiseau : Joel Salatin, la ferme Polyface

Voici une page du blog Agriculture de conservation qui revient sur cette ferme, où l’on explique comment le fermier, innovant et créatif, pratique la biomimicry (imitation de la nature).

Il nous explique également ce qu’est « l’empilage synergique gratuit d’entreprises saisonnières », tout un programme !

Le tout animé par une philosophie bien trempée :

 » Nous devons arrêter cette mentalité incessante de victime où quelqu’un d’autre devra réparer ce qui a été détruit, ou quelqu’un d’autre doive me rendre heureux ou que je doive ma santé à quelqu’un d’autre. Tout ceci est de notre responsabilité, pas de celle du voisin ou du gouvernement, de l’église ou autre.

 Voici une affirmation de Joel Salatin, créateur de la ferme Polyface, que ne renierait pas la permaculture.

L’article de Romain Oiseau :

http://agriculture-de-conservation.com/spip.php?page=tribune-article&id_article=1613

La vidéo VOSTF sur Joel Salatin :

 

Le livre de Joel Salatin :

La meilleure écologie est ce qui fait la meilleure économie. » Ces quelques mots de Joel Salatin constituent l’ancrage essentiel de ce livre, dans lequel il accompagne tout aspirant-agriculteur à passer du rêve à la réalité, de l’intention à l’action, de l’aspiration à l’accomplissement.

La réussite de ce paysan-penseur à l’allure d’un MacGyver de l’agriculture, décrit par Time Magazine comme « l’agriculteur le plus innovant au monde », fait dresser l’oreille à ses recommandations. Supprimant le mot « exploitant » de son vocabulaire pour le remplacer par celui « d’entrepreneur agricole », son livre respire l’idée que rien n’est impossible pour qui se met à l’œuvre. Sa vision d’une entreprise viable dégagée de tout esprit d’exploitation permet d’entrer dans un univers de « restauration » dans le double sens du terme: ce qui nourrit et ce qui remet en vie dans son état naturel.

En effet, Joel Salatin n’exploite ni la terre, ni les animaux, ni les hommes. Il propose au contraire de leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes et de conjuguer leurs capacités propres dans une synergie permanente. Tel un chef d’orchestre, il invite la terre, les arbres, les bêtes, les hommes à collaborer dans une symphonie où chacun a sa place… y compris le consommateur final qui, par son adhésion à la démarche, permet à l’entreprise de prospérer et de perdurer. Car c’est bien là l’objectif de ce livre : aider les aspirants-entrepreneurs agricoles à construire des entreprises viables et pérennes.

Le premier conseil de ce révolutionnaire pragmatique qui se pose volontiers en business man, est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Ou, plutôt, de ne pas mettre la possession de la charrue ou d’un terrain avant l’expérience et la compétence de produire un bœuf, un œuf, ou une tomate. Il propose la modestie et le pas à pas de l’apprentissage. Il va même jusqu’à suggérer qu’il n’y a pas besoin d’être à la campagne pour lancer son entreprise, puisque l’essentiel est de se mettre à l’œuvre maintenant, tout de suite, avec les moyens à sa disposition.

Joel Salatin est un catalyseur d’imaginaire ancré dans un pragmatisme de père de famille – on pourrait même dire de bonne ménagère, qui ne dépense que ce qu’elle a et ne laisse rien se perdre. Pour lui, la transition commence tout de suite et ne se conclut jamais puisqu’elle ouvre sur des possibles impossibles à prévoir. L’originalité de sa proposition est qu’elle est applicable partout et même pour tout.

Ce livre s’adresse avant tout aux néo-paysans, qui y trouveront des outils aussi bien conceptuels que pratiques pour éviter les pièges de l’exploitation et les ancreront dans le bon sens et le pragmatisme nécessaires à l’accomplissement des rêves. Ses recommandations peuvent pourtant servir à tous les paysans, qu’ils soient en voie d’installation ou agriculteurs confirmés souffrant d’être passés d’exploitants à exploités agricoles – et, même, à tout entrepreneur.

Joel Salatin s’inscrit admirablement dans l’ambition essentielle de notre nouvelle collection, TerrAgora : offrir des outils concrets pour accompagner la transition, relier la terre et la cité et restaurer la vie dans une complémentarité où tous et chacun peut trouver sa place.          

Camille Atlani-Bicharzon, traductrice