Radio RCF : Entretien avec Hervé Coves

Sur Radio RCF, faisons davantage connaissance avec Hervé dans cette émission de 55′.

« Souvent on me prend pour un doux rêveur idéaliste, ça ne me dérange pas, mais je n’ai pas tout le temps perçu ma vie comme étant belle, elle a même été très compliquée. »

Ingénieur agronome de formation, Hervé Coves accompagne aujourd’hui ceux qui veulent se former à l’agroécologie et à la permaculture. Depuis l’enfance passionné par la nature, son parcours professionnel et spirituel est celui d’un contemplatif. En 2014, à un peu plus de 50 ans il est devenu religieux franciscain, membre de l’ordre fondé par saint François d’Assise, patron de l’écologie.

La campagne ma révélé quelque chose de la beauté du monde« . À l’âge de 12 ans, quand Hervé Coves et sa famille ont déménagé pour le petit village de Kolbsheim (Bas-Rhin), il a vécu « une renaissance ». « Je vivais en moi cet amour de la terre. » Et le jeune homme peut enfin laisser libre cours à sa passion pour les végétaux. Mais sa conversion, ou plutôt sa « révélation » comme il l’appelle, il l’a vécue des années après, au cours d’un voyage d’étude en Guyane. Une nuit au cœur de la « magnifique » et « effrayante » forêt amazonienne, emplie de bruits tous plus ou moins inquiétants les uns que les autres, Hervé coves est installé dans un hamac et peine à s’endormir. Quand tout à coup une puis deux, puis trois puis des centaines de lucioles clignotent et se répondent dans un jeu de lumière « féérique ».

« Le monde est un livre extraordinaire dans lequel il y a tant à apprendre », cela il en était déjà convaincu. Mais cette-nuit là en Guyane – Hervé Coves en parle la voix brisée par l’émotion – il comprend que « tous ces insectes, ces singes [qu’il entend] hurler, ces grenouilles qui coassent, ce sont des chants d’amour : je me suis rendu compte à ce moment précis que c’était de ça dont j’avais peur ; ce dont j’avais peur c’était l’amour ». Et ça a « bouleversé » sa vie. « Je me suis détendu dans mon hamac et j’ai vécu une des plus belles nuits de mon existence. » Une « nuit d’amour à communier avec toute cette nature merveilleuse ». Il a cessé de ronfler et d’être insomniaque, dit-il en souriant. Il en a surtout gardé « la révélation qu’on est dans un monde qui est plein d’amour » et que souvent « les manifestations d’amour nous effraient ».

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