Dans un jardin ou à la lisière d’un bois, un petit oiseau fouille le sol puis rejoint une branche d’un vol ondulant. Il s’agit peut-être d’un pinson des arbres, l’un des passereaux les plus communs de France, présent toute l’année dans la quasi-totalité du pays. Pour l’identifier, deux repères suffisent souvent, les barres claires sur les ailes et la poitrine rosée du mâle. Le chant, la façon de se nourrir et la couleur du bas du dos complètent ces indices, même lorsque l’oiseau reste à distance.
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Comment reconnaître le pinson des arbres au premier coup d’œil ?
Le pinson des arbres est un petit passereau de la famille des fringillidés, à peine plus grand qu’un moineau. Son bec court, épais et conique trahit un mangeur de graines, même si l’espèce capture aussi beaucoup d’insectes au printemps.
Le critère le plus fiable ne tient pas à la couleur de la poitrine, qui varie selon le sexe et la saison, mais au dessin des ailes. Deux barres alaires blanches se détachent nettement sur fond sombre, aussi bien sur un oiseau posé qu’en vol. Voici les principaux repères à garder en tête :
- Le pinson des arbres mesure environ 14,5 à 16 cm de long pour une envergure de 24 à 28 cm.
- Il pèse en général entre 18 et 29 grammes, soit à peu près le poids de cinq morceaux de sucre.
- Chaque aile porte une large tache blanche à l’épaule et une barre claire plus fine juste en dessous.
- Les plumes externes de la queue sont blanches et deviennent bien visibles quand l’oiseau s’envole.
- Le croupion, c’est-à-dire le bas du dos, est vert olive chez les deux sexes.
- Le chant du mâle dure environ 2 à 3 secondes et peut être répété plusieurs centaines de fois par jour au printemps.
Cette combinaison de marques blanches sur l’aile et sur la queue permet de trancher dans la plupart des cas. Un oiseau brun et discret peut donc parfaitement être un pinson, à condition de montrer ce dessin caractéristique. Cette méthode, qui s’appuie sur quelques marques précises plutôt que sur une impression d’ensemble, vaut aussi pour reconnaître le pigeon ramier, dont la tache blanche au cou et la bande claire sur l’aile jouent le même rôle de repère.
Mâle, femelle et jeune, des tenues différentes, les mêmes repères
Au printemps, le mâle arbore une calotte et une nuque gris bleuté, un dos brun châtain, des joues et une poitrine rose saumoné. Son bec, brun rosé en hiver, vire au gris bleu pendant la reproduction et complète ce plumage nuptial. En automne, des liserés clairs à l’extrémité des plumes ternissent ces couleurs, qui réapparaissent peu à peu à mesure que ces bordures s’usent.
La femelle porte des tons beaucoup plus sobres, avec un dos brun olive, un dessous beige grisé et une tête sans contraste marqué. Le jeune lui ressemble, avec des teintes encore plus ternes et des barres alaires parfois moins nettes. Chez l’une comme chez l’autre, le blanc des ailes et des rectrices externes reste le meilleur fil conducteur.
Pinson du Nord, moineau, comment éviter les confusions ?
Le pinson du Nord, qui descend de Scandinavie en hiver, partage la silhouette et la taille de son cousin. Sa poitrine et ses épaules orangées, ainsi que son croupion blanc très visible à l’envol, suffisent pourtant à le reconnaître. Le pinson des arbres montre à l’inverse un croupion vert olive et, chez le mâle, une poitrine rosée plutôt qu’orange.
La confusion avec le moineau domestique concerne surtout la femelle. Le moineau n’a pas de plumes blanches sur les côtés de la queue, ses barres alaires sont bien moins contrastées et son bec paraît plus massif. Face à un oiseau qui décolle brusquement, regardez donc l’arrière du dos et les bords de la queue, c’est souvent le meilleur moment pour vérifier ces détails.

Un chant en cascade facile à mémoriser
Perché en hauteur dès la fin de l’hiver, le mâle répète une strophe rapide et descendante, qui s’achève par une courte fioriture finale. On la compare souvent à une petite balle qui rebondit toujours plus vite avant un dernier sursaut. Cette phrase sonore sert à la fois à défendre le territoire et à attirer une femelle.
Chaque mâle possède plusieurs variantes de strophes et les populations présentent de véritables dialectes régionaux. Ce chant, appris auprès des adultes durant les premiers mois de vie, intéresse les chercheurs depuis les années 1950, car il montre comment un oiseau acquiert son répertoire.

Attirer ce passereau au jardin
Ce petit oiseau fréquente volontiers les jardins, à condition d’y trouver des arbres, un peu de couvert et de la nourriture au sol. Plutôt que de s’accrocher à une mangeoire suspendue, il préfère picorer les graines tombées, un plateau bas ou une zone de terre dégagée sous un arbuste lui convient mieux. Tournesol noir concassé, millet et graines de chardon complètent utilement son menu en hiver.
Laisser une partie du terrain moins entretenue lui rend aussi service. Les haies d’essences locales, les plantes montées en graines et l’absence de pesticides favorisent les insectes dont il nourrit ses petits au printemps. Pensez enfin à nettoyer régulièrement mangeoires et abreuvoirs, car les pinsons sont sensibles à certaines maladies, comme la trichomonose, qui se transmettent autour des points de nourrissage.
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