Comment greffer un cerisier soi-même avec succès ?

par Veille-Permaculturelle
Des mains cueillant des cerises

Greffer un cerisier, c’est bien plus qu’un geste technique, c’est le moyen le plus fiable d’obtenir un arbre adapté à votre sol, vigoureux et productif pendant des décennies. Contrairement à la plantation d’un sujet acheté en pépinière, la greffe vous permet de choisir précisément la variété qui vous convient et de la marier à un porte-greffe robuste. Le résultat, quand tout est bien fait, se mesure à la première floraison. Avant de se lancer, comprendre leurs différences permet d’éviter bien des déceptions.

Les deux techniques de greffage du cerisier et leur calendrier

Le cerisier est un arbre particulièrement sensible à l’écoulement de gomme, une résine qui peut compromettre la soudure entre le greffon et le porte-greffe. Le choix du moment est donc déterminant. Voici les repères essentiels pour chaque méthode :

  • Greffe en incrustation : réalisée à l’automne, quand la sève circule peu et le risque de gommose est limité. Idéale pour les sujets adultes à receper.
  • Greffe en écusson à œil poussant : effectuée en juin, elle permet un réveil rapide de l’œil greffé dans la même saison.
  • Greffe en écusson à œil dormant : pratiquée fin août, l’œil reste en attente jusqu’au printemps suivant pour se développer.
  • Porte-greffes recommandés : le merisier pour les sols profonds, le Sainte-Lucie pour les terrains calcaires et secs.

Pour que la greffe prenne, il faut que les cambiums des deux végétaux soient en contact parfait. Le cambium, c’est cette fine couche de cellules actives située juste sous l’écorce. C’est là que se forme le cal de cicatrisation, tissu qui soude définitivement le greffon au porte-greffe. Les amateurs de cultures frugales noteront que le greffage sur prunier sauvage suit des principes très proches, le genre Prunus offrant une compatibilité naturelle entre ses différentes espèces.

Réussir la greffe en incrustation pas à pas

La greffe en incrustation convient bien aux jardiniers qui souhaitent changer la variété d’un cerisier existant ou regreffer un porte-greffe de bonne taille. On prélève en amont les greffons, des rameaux de l’année portant trois yeux bien formés, que l’on conserve au frais, enveloppés dans un linge humide, jusqu’au moment de la greffe.

Le porte-greffe est tronçonné à la hauteur souhaitée, puis entaillé avec un greffoir bien aiguisé selon deux coupes en biseau formant une encoche en V. Le greffon, taillé en pointe de la même façon, s’insère dans cette fente de manière que les écorces se touchent sur au moins un côté.

On ligature ensuite à l’aide de raphia ou d’élastique à greffer, puis on scelle l’ensemble avec du mastic à greffer pour éviter tout dessèchement. Les premiers bourgeons gonflés au printemps signalent que la soudure a fonctionné.

Greffe en écusson, la technique de précision

La greffe en écusson demande un peu plus de dextérité, mais elle présente un avantage notable, elle minimise la surface de tissu exposée à l’air, ce qui réduit les risques d’infection et de dessèchement. On incise l’écorce du porte-greffe en forme de T à environ dix centimètres du sol. L’écorce est ensuite décollée délicatement de chaque côté avec le dos de la lame du greffoir.

Des personnes faisant un greffage d'un arbre

L’écusson, l’œil prélevé sur le rameau greffon avec un fin copeau de bois est glissé sous l’écorce soulevée jusqu’à ce que son sommet affleure le bord supérieur de l’incision en T. On rabat l’écorce du porte-greffe par-dessus, puis on ligature soigneusement en laissant l’œil visible. Trois semaines plus tard, si le bourgeon reste vert et turgescent, la greffe est réussie. La ligature est alors incisée pour ne pas étrangler la croissance.

Éviter les erreurs les plus fréquentes

La première cause d’échec reste la gommose, une blessure trop large, un outil mal aiguisé ou un mastic appliqué en quantité insuffisante suffisent à provoquer cet écoulement gluant qui noie la plaie. Travailler par temps sec, avec des outils parfaitement tranchants et propres, réduit considérablement ce risque.

Il faut faire la sélection de rameaux greffons mal choisis, trop jeunes, trop vieux, ou prélevés sur un sujet malade. Un bon greffon présente des entre-nœuds courts, des yeux bien développés et une écorce lisse, sans trace de chancre ni de gommose. Si plusieurs greffes d’une même session échouent, mieux vaut remettre en cause la qualité du matériel végétal avant d’accuser la technique.

Un personne qui fait un greffage sur un arbre

Prendre soin du cerisier après la greffe

Une fois la greffe réalisée, la vigilance reste de mise pendant toute la première saison de croissance. Les rejets du porte-greffe, ces pousses qui partent en dessous du point de greffe doivent être supprimés dès leur apparition pour ne pas concurrencer le greffon. Sans cette surveillance, le porte-greffe finit par reprendre le dessus et la variété choisie disparaît progressivement.

L’arrosage pendant les semaines suivant la greffe doit rester modéré. Un excès d’humidité au niveau du sol favorise les maladies cryptogamiques, tandis qu’un manque d’eau fragilise la soudure encore fragile. Un paillage autour du pied protège l’humidité sans excès. Avec ces précautions, un cerisier greffé atteint sa pleine maturité fruitière en trois à cinq ans.

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