Une brassée d’orties, de l’eau de pluie et un peu de patience, il n’en faut pas davantage pour obtenir un engrais liquide maison. Cela nécessite de respecter les bonnes proportions, un extrait trop concentré peut brûler les racines ou les feuilles au lieu de les nourrir. Cette préparation naturelle a ses atouts, mais aussi ses limites. Voici la recette pas à pas, les signes qui indiquent qu’il est temps de filtrer, les dilutions à appliquer et les cultures qui en tirent réellement profit.
Sommaire
Comment faire du purin d’ortie, la recette et les proportions
Des orties hachées macèrent dans l’eau jusqu’à ce que la fermentation s’arrête. Le liquide obtenu contient de l’azote, du potassium et divers minéraux, dont la teneur varie selon les plantes récoltées, la saison et la température de préparation. Pour une première fabrication, partez sur un volume de 10 litres, facile à manipuler et suffisant pour un potager familial.
- Comptez 1 kg d’orties fraîches pour 10 litres d’eau, de préférence de pluie.
- Avec des orties sèches, environ 100 g suffisent pour 10 litres d’eau.
- La fermentation dure généralement une à trois semaines selon la température.
- Le mélange se brasse une fois par jour pendant toute la macération.
- En arrosage, la dilution courante est de 10 %, soit 1 litre de purin pour 9 litres d’eau.
- En pulvérisation sur les feuilles, on descend à 5 %, soit 500 ml pour 9,5 litres d’eau.
Ces valeurs constituent une base fiable, pas une formule figée et l’extrait donne le meilleur de lui-même sur une terre déjà nourrie par une phacélie semée en engrais vert entre deux cultures. Un extrait préparé avec des orties jeunes cueillies au printemps peut se révéler plus riche qu’une préparation de fin d’été faite avec des tiges fibreuses.

Récolter les orties et préparer le bac de fermentation
Choisissez des orties jeunes, coupées avant la montée en graines, dans un endroit éloigné des routes fréquentées, des décharges et des zones traitées. Gants épais et manches longues sont de rigueur et un sécateur suffit pour prélever les parties aériennes. Laissez toujours une partie du massif en place. L’ortie sert de plante hôte aux chenilles de plusieurs papillons, dont le paon-du-jour et la petite tortue, et contribue largement à la biodiversité du jardin.
Côté matériel, un bac en plastique de 15 à 20 litres convient pour 10 litres d’eau, l’espace libre facilite le brassage et limite les débordements. Bannissez le métal, qui risque de se corroder et installez le récipient à l’ombre, loin de la terrasse et des fenêtres, car l’odeur devient vite très présente.
Suivre la fermentation et savoir quand filtrer
Hachez grossièrement les orties, plongez-les dans l’eau et mélangez immédiatement. Posez ensuite un couvercle sans le fermer hermétiquement, les gaz produits doivent pouvoir s’échapper librement. Brassez chaque jour pendant une à deux minutes. Les premiers jours, une mousse et de petites bulles apparaissent à la surface, signe que les micro-organismes décomposent activement les végétaux.
Le bon moment pour filtrer arrive lorsque plus aucune bulle ne remonte spontanément. Autour de 18 à 20 °C, la fin de fermentation survient souvent en dix à quinze jours, alors qu’une période fraîche étire le processus jusqu’à trois semaines, fiez-vous à l’aspect du liquide plutôt qu’au calendrier.
Filtrer et conserver l’extrait fermenté
Retirez d’abord les gros débris avec une passoire, puis passez le liquide à travers un tissu fin, comme un vieux drap ou un voile d’hivernage. Cette double filtration évite que des particules végétales ne bouchent la buse du pulvérisateur. Versez ensuite l’extrait dans des bidons opaques, propres et étiquetés, rangés au frais, dans l’obscurité et hors de portée des enfants.
Bien conservé, il garde son intérêt plusieurs mois, sans durée garantie pour autant. Ne fermez jamais un bidon contenant une préparation encore active, car la pression pourrait le faire gonfler. Pour un petit potager, mieux vaut fabriquer des volumes raisonnables et renouveler l’opération que stocker une grosse réserve.
Quel dosage pour l’arrosage et la pulvérisation ?
En arrosage au pied, la dilution à 10 % reste la référence, 1 litre d’extrait pour 9 litres d’eau donne 10 litres de solution. Appliquez-la sur une terre déjà humide, jamais sur un sol desséché ni en pleine canicule, sous peine d’aggraver le stress des plantes. Pour une pulvérisation foliaire, réduisez à 5 % et filtrez avec soin. Intervenez tôt le matin ou en soirée, sans faire ruisseler les feuilles, et testez d’abord sur une petite partie du végétal en observant sa réaction pendant un ou deux jours.
Côté fréquence, un apport toutes les deux à trois semaines constitue un repère prudent pendant la phase de croissance. Inutile de cumuler arrosage et pulvérisation, si le feuillage est déjà dense et d’un vert soutenu, la plante n’a tout simplement pas besoin de complément azoté.

Quelles cultures profitent de cet engrais liquide ?
Les légumes-feuilles en tirent le meilleur parti. Choux, blettes, salades, épinards ou poireaux consomment beaucoup d’azote pour produire leur feuillage, tout comme les jeunes plants récemment installés et les plantes d’ornement en pleine pousse. Pour les tomates, poivrons, aubergines et courges, limitez les apports au démarrage de la culture. Un excès d’azote favorise les feuilles au détriment des fleurs et des fruits, dès l’apparition des premiers bouquets floraux, réduisez puis arrêtez.
Les haricots et les pois, associés à des bactéries du sol qui fixent l’azote de l’air, n’en ont généralement pas besoin. Les carottes et les navets tolèrent l’extrait, mais un sol trop riche pousse les fanes plutôt que les racines, tandis que les pommes de terre apprécient un apport modéré en début de saison.
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